Sandrine Belier, députée européenne, était en Haute-Marne vendredi, avec des élus régionaux
« la perte de biodiversité se poursuit : agissons à tous les niveaux pour en faire un enjeu de transformation écologique de l’économie »
Invitée par le comité local haut-Marnais Europe Ecologie – les verts, animé par Patrick Varney, Sandrine Belier, députée européenne appartenant à ce mouvement, était vendredi 10 décembre en Haute-Marne pour animer une soirée autour de la question « économie et écologie : quelle compatibilité ? » qui s’est déroulée à Treix , en présence de Valérie Labarre, Christophe Dumont et Patricia Andriot, conseillers régionaux qui ont pu à se titre témoigner de leur récente expérience, et la manière de faire avancer cette question au niveau régional.
Rappelant que la lutte contre la perte de la biodiversité est un enjeu majeur de notre avenir et son intégration dans toutes les politiques sectorielles, un élément fondamental du changement de paradigme que nous, les écologistes, prônons dans notre vision de société pour un nouveau modèle de développement. En effet, il y a urgence : la biodiversité s’épuise, se raréfie. Elle est victime de la surexploitation et de la course au profit. Citant des exemples inspirés du rapport Pavan Sukhdev, qui met en évidence l’importance fondamentale de la biodiversité dans l’économie, rappelant par exemple qu’en Europe, pas moins de 16,6 % des emplois sont liés à la préservation de la biodiversité, et 40% de notre économie dépend directement de la nature. C’est ce qui a motivé les écologistes européens à inscrire la lutte contre la perte de la biodiversité, dès janvier 2010 comme campagne prioritaire.
Les élus régionaux ont quant à eux rappelé que pour que cet enjeu soit pleinement pris en compte, il fallait à la fois faire progresser le cadre législatif et règlementaire, ce à quoi s’emploie le parlement européen, comme l’a expliqué la députée Européene, mais aussi développer des politiques publiques de soutien à l’investissement en ce sens. A travers ses différentes compétences, le niveau régional peut impulser cette transformation. C’est ce à quoi s’emploie les élus régionaux du groupe EELV en proposant par exemple de systématiser l’éco-conditionnalité des aides, en soutenant le développement des circuits courts à la fois par une aide aux producteurs, ou en soutenant la demande en favorisant le fait que ces produits bio ou locaux composent davantage les menus des lycéens champardennais, en faisant en sorte que la question de la réduction de la consommation énergétique soit davantage prise en compte tant pour l’ensemble des champardennais grâce à des mesures de lutte contre la précarité énergétique ou en développant l’utilisation de la ressource locale bois dans les systèmes de chauffage des lycées et bâtiments régionaux...
Profitant de sa venue et pour illustrer les propos et enjeux qui précèdent, l’après-midi avait débuté par un temps de rencontre chez un apiculteur Nicolas Gy, producteur bio, à laquelle ont assisté des apiculteurs, mais aussi des consommateurs locaux.
Ce temps a été non seulement l’occasion de débattre des enjeux autour de la biodiversité, du rôle possible du parlement européen sur ces questions. Comme en témoignent le difficile débat sur la résolution en vue du sommet de Nagoya, les discussions en cours sur les OGM, ou encore sur les protocoles d’autorisations de pesticides, la prise de conscience sur ces enjeux avance mais trop lentement, et toujours freinée par de solides lobbys économiques qui savent faire valoir leurs intérêts dans un contexte de crise.
Ainsi malgré des avancées pour supprimer les subventions néfastes pour l’environnement ou l’initiation d’un protocole sur la protection de l’accès aux ressources génétiques, l’imprécision des financements publics ne garantissent en rien une non main mise du secteur privé et des spéculations financières sur ces enjeux ; de même, une résolution du parlement incitant à la prise en compte de la situation apicole à travers différentes suggestions de mesure, tout en n’allant pas assez loin pour remettre en cause la récente décision du ministère de l’Agriculture français qui prolonge d’un an l’autorisation de mise en marché du pesticide Cruiser, pourtant reconnu comme néfaste dans le milieu.
Pour symboliser cet enjeu, Sandrine Belier, comme les élus régionaux ont parrainé une ruche, comme symbole de la nécessité de préservation de cet espèce et de cette production , emblématique de l’état de notre patrimoine naturel, de la conservation des espèces, alors même que 30 % des ruches disparaissent en France chaque année.
La députée européenne a également profité de son passage en Haute-Marne, pour passer soutenir le cercle du silence qui se réunit trois fois par semaine sous les fenêtres du maire de Chaumont, membre du gouvernement UMP, pour dénoncer l’expulsion d’une famille Kosovar en septembre dernier, et pour dénoncer le non respect des engagements de l’Etat jusqu’alors : alors que le préfet, comme l’élu local membre du gouvernement s’étaient engagés sur un retour de la maman et des enfants, dès qu’un contrat de travail serait assuré, il semble que malgré les assurances données de ce côté, tout ne soit pas mis en œuvre par les autorités pour assurer ce retour.