François Marty ou comment ré-enchanter l’économie au plus près de chez nous

Publié le par Groupe des élus EE au Conseil régional

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Le comité local EELV Sud Haute-Marne, accueillait  le 10 Mars dernier, François Marty, patron atypique, tel qu’il se défini lui-même, initiateur et patron des ateliers du Chenelet encore dénommés Sciage et Palette du Littoral, mais l’intervenant a aussi été  conseiller au cabinet de l’ex-secrétaire d’Etat à l’Economie Sociale et Solidaire, G Hascoet. 

Fort de ses expériences diverses et parce que c’est avant tout un entrepreneur, F Marty  est l’illustration concrète du passage des discours aux actes, du « agir local pour penser global » comme il le dit lui-même. 

Quelques idées à retenir de sa vision parmi la fusion, souvent décapante (sans mauvais jeu de mots dans les contexte actuel) de tout son propos 

Ré-enchanter l’économie, tel pourrait être le résumé de sa pensée ; il y a un enjeu à sortir d’un discours social et misérabiliste, presque d’aumône vis –à-vis de l’aide publique ; pour cela, il faut oser dire, qu’on a besoin d’inventer, d’entreprendre, de créer de la richesse ; oser dire que l’économique n’est ni un tabou, ni un gros mot, mais qu’il y a là  un moteur évident de la société, du vivre ensemble, du lien social, du bien être environnemental. 

Et sortir des mots et les transformer en actions concrètes,  vérifier la faisabilité des théories « Agir local avant de penser global »  et montrer qu’on peut produire et  répartir autrement cette richesse, pour que l’impact environnement et social de cette « alter-croissance » ne soient plus synonyme de dégâts à corriger après coût ;  il faut agir différemment, en proximité sur les territoires.  Il faut imaginer des circuits-courts courts de l’économie locale ou un court-circuit de l’économie globale. 

Devant ces enjeux, l’environnement, la prise en compte des ressources naturelles  est une chance et non une contrainte. On ne progressera sur l’environnement que par l’économique  et le social; c’est en inventant des solutions au quotidien, des réponses à chaque problème par une approche globale et locale, sur des territoires de vie. Créer des marchés en répondant à des besoins non pourvus , en travaillant autrement , avec des publics en insertion par exemple, c’est la démonstration quotidienne de ce que l’intervenant a réalisé avec les ateliers du Chenelêt. 

L’autre opportunité, c’est qu’en allant sur des secteurs délaissés, qui ont des marchés non structurés, on peut inventer, créer, parce que justement les normes, le cadrage législatif, règlementaire, financier n’existe pas encore et qu’on peut le construire ensemble en réponse à cette logique de proximité, territoriale, sociale, environnementale. 

Mais au-delà de la séduction de cette expérience probante et du discours décapant, qui donne l’impression, d’une utopie non reproductible, - et pourtant diffusée maintenant dans 17 lieux en France, ayant généré la création de plus de 800 emplois, plusieurs conditions

il faut d’abord oser un modèle qui n’existe pas encore, il faut sortir d’une sorte de paresse intellectuelle, qui nous empêche de penser différemment, de concevoir un nouveau modèle qui n’existe pas encore.

Au-delà de l’imagination, il faut accepter le compromis pour faire bouger les lignes ; la militance ne suffit pas, les choses bougent par le rapport de force et la question de l’accompagnement et de la volonté politique devient essentielle.

Et pour cela, l’autre condition essentielle, c’est celle du professionnalisme ; professionnalisme dans le geste, professionnalisme  juridique et financier pour instaurer un rapport de force crédible et montrer qu’on peut faire autrement avec les règles du jeux actuels.

L’utopie concrète ne rime pas avec amateurisme 

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Publié dans Sur le terrain

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