Ma première commission d'appel d'offre

Publié le par Groupe des élus EE au Conseil régional

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Par Valérie Labarre

 

 

J'ai présidé mardi ma première réunion de Commission d'Appel d'Offre de la formation professionnelle (partie I demandeurs d'emploi).

Nous sommes 6 élues (« e »!) présentes, dont 4 nouvelles: 1ps, 2 ump, et moi-même. J'ai eu des rdv privés avec Lucille (services juridiques) et Dominique Monnier (responsable pôle formation des demandeurs d'emploi). Et je ne le regrette pas! (Il paraît que l'efficacité d'1h30 de cours particuliers est comparable à celle de 12h de cours en groupe...)

 Je connais la signification des termes (et des sigles!) ce qui n'est pas mal pour vivre cette longue journée avec le minimum de distance nécessaire. Les délégués territoriaux (1 par département) préparent le travail: une dizaine d'heures d'analyse par dossier présenté, nous en verrons 180 ce jour-là!

Ils ont évalué les réponses des organismes candidats. La grille utilisée est très fouillée, et apparaît dans presque tous les cas adaptée à la situation. Les notes sont calculées sur 130 points:

-100 points pour la valeur technique: l'organisation (20 pts), le site (6pts), la pédagogie (42pts), l'insertion(12 pts), les relations avec l'entreprise(20pts) ;

-30 points pour le prix.

 Les délégués territoriaux, tout comme les responsables des différents services, sont des gens passionnés.

La quantité de dossiers de candidatures à valider est bien trop importante. Du coup, on a tendance à ne pas poser trop de questions, et c'est dommage. Il m'a fallu lutter, comme tout le monde, contre mon envie de voir les pages se tourner un peu plus vite !

Et pourtant, comme l'a justement fait remarquer Michèle Leflon (vice-présidente en charge de la formation professionnelle), même si la reconnaissance du travail des services n'est pas mise en cause, les élues se doivent de discuter de certaines situations, en toute transparence, pendant la réunion de la commission d'appel d'offre (sinon pourquoi se réunir?).

Certains organismes ne savent pas se vendre: le travail sur le terrain est très bon, mais le dossier de candidature est négligé. C'est le cas en particulier des organismes de service public.Les « mandatements » , nouvelle procédure, seront peut-être une manière de corriger cet état de fait.

Mais rien dans l'évaluation ne mesure le travail fourni, les résultats obtenus sur une action. L'action est proposée à nouveau, l'organisme qui avait obtenu le marché et qui avait engagé des actions remarquables, repasse à l'appel d'offre sans qu'on valorise son expérience, son savoir-faire. Du coup, les boîtes qui font du bon travail sont dans une perpétuelle précarité (et se retrouvent par là-même dans la même situation que les gens qu'ils aident) !

Je m'interroge aussi fortement sur le fait que les conditions de travail des formateurs ne sont en aucune façon prises en compte.Les disparités sont très grandes d'un organisme à l'autre : j'ai proposé à Michèle Leflon que nous en discutions, témoignages à l'appui.

Le critère du prix est plus important qu'il n'y paraît au premier abord, et je me révolte à propos d'un cas particulier, à Saint Dizier. Il s'agit d'une entreprise de formation qui a une excellente note pédagogique, et un beau zéro en note de prix qui lui fait perdre le marché qu'elle avait. Le problème est analysé avec l'expérience du terrain,et beaucoup de réflexion. Le manque de mobilité des demandeurs d'emploi est flagrant, et déterminant. Les chômeurs ont rétréci leur espace vital au point de ne plus du tout bouger, ne plus sortir de leur ville. La boîte de formation propose donc de nombreuses sorties encadrées, et ça coûte cher.

Le délégué de la Haute Marne trouve que le dépassement est motivé et pourtant il doit (selon la règle établie) mettre un zéro. En résumé la réponse à l'appel d'offre est meilleure que ce qui était demandé, tout le monde en convient, le travail effectué est remarquable, mais ils perdent le marché !

Finalement nous sommes obligés de convenir que le critère « prix » prend une place prépondérante.

Nous allons y réfléchir au moment de définir les offres, en commission.

La commission d'appel d'offre est le dernier maillon d'une longue chaîne de travail...Nous débutons par la fin, c'est un hasard malheureux du calendrier électoral. L'histoire est longue et je me rends compte qu'il est possible de faire changer beaucoup de choses, ce qui est absolument passionnant.

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