Retour sur les assises constituantes de Lyon et sur le rassemblement des écologiste...

Publié le par Groupe des élus EE au Conseil régional

 

 

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« rien n’arrête une idée dont l’heure est venue » (Victor Hugo)

 

Par Patricia Andriot

 

C’est plus  de 2000  militants et adhérents qui se sont retrouvés à Lyon pour consacrer l’apparition d’un nouveau mouvement dans le paysage politique français ; Fort de ses 13000 adhérents, le mouvement conservera finalement le nom Europe Ecologie – les verts, comme le vote de la journée l’a consacré. 

Au-delà  de ce que pourrait être une lecture médiatique simpliste, qui ne verrait là qu’une simple évolution des verts, ou une grand-messe médiatique de rassemblement des écologistes, cet événement confirme l’émergence d’une troisième force politique française, qui peut faire bouger les lignes du paysage politique français. 

Cette journée fut incontestablement un succès, de part la mobilisation qu’elle a généré, mais surtout parce qu’elle est à la fois l’aboutissement d’une dynamique encore inespérée il y a moins de 2 ans, et le commencement d’un processus qui se donne les moyens de conduire l’écologie politique à devenir majoritaire dans le pays. 

Loin de rester dans l’auto-satisfecit exclusif de la première étape réussie, les débats de la journée ont dénoncé avec force d’arguments, un modèle qui  marche sur la tête, une société qui va dans le mur.   Cecile Duflot : « il nous faut refuser la société du Sur : surendettement, sur-exploitation, surmenage, sur consommation, sur équipement » ; mais ces débats ont aussi lancé le défi pour Europe Ecologie-les verts d’incarner une rupture avec le discours politique habituel. Ainsi Eva Joly lançant «  Le pouvoir actuel n’aime pas l’intelligence ;  Qui dit intelligence, dit audace intellectuelle » 

Comme pour confirmer cette posture d’esprit,   des tables rondes dans lesquelles les attentes de représentants de la société civile face à ce parti naissant ont pu s’exprimer avec exigence ; c’est aussi le sens de  l’intervention de Nicolas Hulot   qui nous rappelle le devoir de « ne pas être une vulgaire force politique ». 

Pour répondre, ou plus exactement pour confirmer que les attentes étaient entendues,  que l’essai ne se transformerait que si le pari du dialogue maintenu avec la société civile se gagne, les interventions de principaux leaders du mouvement  comme Eva Joly, Dany Cohn Bendit, Cecile Duflot,  José Bové, mais aussi P Larrouturau, Sandrine Belier, Y Jadot, Y Cochet  ont exprimé des enjeux, des propositions, des défis, sans renoncement avec l’utopie du projet fondateur. 

« Nous avons inventé une autre manière de vivre, faire de la politique autrement, recoudre le lien déchiré entre les citoyens et la politique….

Ou encore « faire entendre une vois différente, celle  de ceux qui ne se sont jamais résignés à vivre la société telle qu’elle, mais qui telle qu’on la rêve » a lancé par exemple Cécile Duflot. 

De la richesse de ces débats,  2 lignes de forces – un sur le fond, une sur la forme-  peuvent se dégager pour caractériser l’originalité de l’offre politique de nouveau parti :

- L’écologie politique comme voie alternative pour une rupture durable avec le productivisme,

-  Oser l’ouverture : Sortir des sentiers battus et reconnaître la complexité du monde 

Imposer les conditions d’une rupture durable avec le productivisme, c’est rompre avec un système qui est à bout de souffle ; A bout de souffle,  parce qu’on ne peut pas,  à l’inverse de Mme Mme Lagarde, se contenter d’une stabilisation du chomâge à plus de 4,6 millions de chômeurs, accepter un modèle qui détruit physiquement et psychiquement chaque jours de hommes usés par le travail, quand dans le même temps  c’est 35000 milliards de dollars qui s’ont exproprié aux revenu du travail pour rémunérer le capital, que la BNP affichera un taux de profit de 46 %... comme nous l’ont expliqué P Larrouturau ou Eva Joly.  Pour les écologistes rassemblés, il s’agit là d’affirmer que tout se tient, et que la transformation écologique de l’économie passe par une reconnexion entre les revenus du travail et l’économie réelle, par une remise à plat des règles de redistribution des revenus.

Proposer des solutions alternatives au modèle productiviste et très énergétivore qui repose sur une économie carbonée ou nucléaire, c’est avoir au cœur de son projet une autre prise en compte de la question énergétique pour prendre en compte la finitude des ressources actuelles, qui ne fait pas de la préservation de la nature une variable d’ajustement ou encore  qui refuse le nucléaire comme solution indépassable. 

Sortir des sentiers battus, oser l’ouverture, reconnaître la complexité du monde, c’est ce à quoi appelle Eva Joly lorsqu’elle dit « il faut refuser la négation de la complexité du monde » ou Dany Cohn Bendit lorsqu’il rappelle que « Sarkozy a gagné l’élection sur une idée simple mais fausse ».

Face à ces constats désarmants, Europe Ecologie –les verts se doit de refuser tout populisme, et pour cela refuser les idées toutes faites, sortir des dogmes, miser sur l’ouverture en dépassant certains clivages habituels, y compris gauche-droite, pourvu que cela soit au service de la lutte contre toutes les inégalités, du respect des minorités. Reconnaître la diversité de l’expression des écologies, accepter un rassemblement qui va de pair avec l’idée d’ouverture et d’écoute; c’est là toute l’idée de la coopérative politique  proposée par le leader européen qui « ne sera pas un  gadget d’entre deux tours » a rappelé Cecile Duflot.

Ainsi D Cohn Bendit de questionner « Nous ne demandons pas aux citoyens d’où viens tu mais ou veut-on aller ensemble ? »  ou C Duflot qui rappelle « qu’on ne naît pas écologistes mais qu’on le devient » et que « toutes les portes restent ouvertes pour tous ceux qui souhaitent rejoindre le mouvement. »

Au cœur du projet, l’ouverture renvoie aussi l’universalisme, la dimension intrinsèquement européenne et internationaliste traduit par Cécile duflot qui appelle de ces vœux la transformation de politique publique nationale en publique européenne. 

Rappelant le chemin parcouru, la succession de combats pour parvenir à ce rassemblement, C. Duflot a démontré que l’écologie politique « c’est le refus des œillères du libéralisme comme cette du tout Etat » ; « Sans vouloir prendre le palais d’hiver ou jouer le coup  du grand soir », mais en définir la voie d’une alternative politique qui sera celle du réformisme radical,  telle est la feuille de route proposée.  Résistance, ouverture, rassemblement, invention, lucidité , réalisme,  autant d’autres jalons de la feuille de route qui ont été rappelés tout au long de la journée.

   

Alice dit « si le monde n’a pas de sens, alors pourquoi n’en inventerions nous pas un «  dans Alice au pays des merveilles

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Publié dans Tribunes

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