Les élus écologistes au Conseil Régional appellent sa majorité à prononcer lundi 17 janvier un avis défavorable au renouvellement de l’autorisation du Laboratoire de Bure

Publié le par Groupe des élus EE au Conseil régional

Bure

 

La Commission permanente du Conseil Régional de Champagne se prononcera lundi 17 janvier sur la demande de renouvellement de l’autorisation d’exploitation du Laboratoire de l’ANDRA en Meuse / Haute-Marne. Les élu-es écologistes appellent leurs collègues de la majorité à prononcer un avis défavorable et à engager résolument le laboratoire sur une nouvelle voie d’avenir.

L’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs a demandé, conformément à la réglementation, le renouvellement de l’autorisation d’exploitation du Laboratoire de Meuse / Haute-Marne, situé à Bure, en Meuse, pour la période 2011 – 2030. Les conseils régionaux, généraux et municipaux concernés sont appelés à donner un avis consultatif.

Le programme initial (1997 – 2010) des études et recherche de ce laboratoire portait sur la faisabilité du stockage en couche géologique profonde des déchets radioactifs à Haute Activité et Vie Longue.

Le dossier de demande d’autorisation déposé par l’ANDRA est très clair : « le programme d’études et de recherche s’inscrit désormais dans l’objectif de préparer la phase industrielle du projet ». Les études et recherches changent donc de nature : il s’agit bien de préparer la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde !

Or cette construction n’a pas été décidée à ce jour. La loi de 2006 sur la gestion durable des déchets radioactifs prévoit explicitement que cette décision est soumise à un vote du Parlement qui n’interviendrait au plus tôt qu’en 2015. Il est surprenant que l’ANDRA, et les services de l’Etat qui assurent sa tutelle, préjugent ainsi d’un vote du Parlement.

Comme la loi le prévoit, la gestion des déchets radioactifs à Haute Activité et Vie Longue peut emprunter deux autres voies : le stockage en surface ou subsurface ou la séparation transmutation. Sur ces deux voies, les recherches mériteraient d’être relancées et conduites avec détermination. Il n’est pas acceptable que, par effet d’entonnoir, la pire des solutions, le stockage réversible en couche géologique profonde, soit la seule à être étudiée et imposée aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne.

Par ailleurs, il faut déplorer que le dossier de demande n’envisage pas un instant d’ouvrir une nouvelle perspective au Laboratoire existant : celui-ci, dans une nouvelle vie, pourrait devenir la plateforme d’accueil d’un « très grand équipement et infrastructure de recherche » consacrée aux géosciences.

Pour Eric Loiselet, président du groupe des élu-es écologistes au Conseil Régional de Champagne Ardenne,  « le stockage en couche géologique profonde est une impasse, il importe de ne pas nous y engager et de privilégier les autres voies de recherche pour gérer les déchets radioactifs HAVL à commencer par le stockage durable en surface ou subsurface sur sites nucléaires existants. Dés lors que le nouveau programme de recherche prévu pour le Laboratoire de Bure est un pas un avant vers la création d’un centre de stockage définitif en couche géologique profonde, il faut, sans hésiter, et tant qu’il est encore temps arrêter ce qui nous est présenté comme inéluctable. Depuis 1997, le déclin local s’est accentué, et cela va continuer. Pour ouvrir une perspective d’avenir aux territoires Meusiens et Haut Marnais concernés il faut abandonner ce miroir aux alouettes, en préparant dès maintenant par la concertation la plus large le rebond qui sera nécessaire après l’échéance que la loi de 2006 fixait en 2015. Les élus écologistes appellent leurs collègues de la majorité à prononcer un avis défavorable à la demande de l’ANDRA et à engager, dès maintenant, avec tous les élus territoriaux concernés, la transformation du laboratoire en grand équipement et infrastructure de recherche consacré aux géosciences »

Pour les élus des territoires concernés, se pose la question de savoir si rejeter cette demande de renouvellement d’autorisation ne reviendrait pas à condamner leurs territoires au déclin avec la disparition à terme du dispositif d’accompagnement économique mis en place par la loi de 2006.

Pour Patricia Andriot, vice présidente du Conseil Régional, élue de Haute-Marne, « force est de constater que depuis la création du laboratoire, les difficultés économiques et sociales des territoires qui l’accueillent n’ont été ni freinées ni compensées. L’impression générale qui se dégage est celle d’un marché de dupes. En outre, si un jour un centre de stockage en couche géologique voyait le jour, son emprise territoriale, et sa sécurisation, représentent en soi des facteurs totalement contradictoire avec la relance d’une dynamique territoriale. » Pour Patricia Andriot, « l’avenir des territoires frappés par les crises, la désindustrialisation, les délocalisations, ne passe pas par l’installation d’un méga centre de stockage qui exigera isolement, sécurisation lourde et conduisent inéluctablement à l’accentuation du déclin et à la disparition des populations. Au contraire, comme des territoires en Europe et en France l’ont montré ces dernières années, il est possible de créer les conditions d’un renouveau à la fois économique mais aussi environnemental, avec une politique basée sur les enjeux du développement durable. Il n’y aucune raison que le Nord Haut-Marnais et le Sud Meusien ne puissent, eux aussi, trouver leur voie dans cette perspective. J’invite mes collègues conseillers régionaux, comme l’ont fait les conseillers généraux de gauche en Haute-Marne, à résister à la tentation de laisser survenir ce à quoi ils ne croient pas au fond d’eux-mêmes, et à ouvrir une autre perspective pour le Laboratoire de Bure. »

Enfin, Raymond Joannesse, vice président écologiste du Conseil Régional rappelle « qu’en 1997 les conseillers régionaux socialistes avaient voté contre l’avis favorable présenté par la majorité de droite de l’époque à l’occasion de la 1ère demande d’autorisation du Laboratoire. » Il souhaite que « en cohérence avec leur vote de l’époque, les conseillers régionaux socialistes choisissent de prononcer un avis défavorable à la demande d’autorisation du renouvellement d’exploitation du Laboratoire de Bure par l’ANDRA. Ce vote défavorable est la condition préalable qui permettra d’ouvrir la voie vers un nouvel avenir pour ce Laboratoire. Les écologistes sont favorables à la recherche, dès lors qu’elle n’est pas le prétexte qui conduit à une impasse »

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Publié dans Tribunes

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